Le malaise que personne ne peut nier.
Je me souviens très bien du moment où Charles Pépin a posé la question qui revenait sans cesse dans ses conférences:
Comment être heureux dans un monde qui va mal ?
Il a parlé du réchauffement climatique, du retour de la guerre en Europe, du terrorisme, des crispations identitaires, des gens qui meurent dans la rue. Il a dit quelque chose de très simple et presque brutal. Il faudrait être aveugle ou stupide pour prétendre que tout va bien.
Et pourtant...
La question continue de revenir.
Si elle revient autant, c’est que nous pressentons tous qu’il existe une réponse qui ne consiste pas à fermer les volets et à vivre caché.
Ce que Charles Pépin montre dès le début de sa conférence c’est que le bonheur ne peut pas être pensé hors du monde. Nous habitons le monde comme notre maison même si cette maison brûle par endroits.
Le bonheur n’est pas le repli

Une tentation existe de se couper, se protéger, se retirer dans un cocon intime par exemple en refusant d’écouter les informations, de voir la misère ou la violence.
Le vieux proverbe “pour vivre heureux vivons cachés” ne tient pas.
Charles Pépin rappelle que ce proverbe n’est même pas d’Épicure, et que l’idée d’un bonheur dans le retrait total ne séduit finalement personne. Si le bonheur consistait simplement à fermer les volets sur le monde, la question ne reviendrait pas avec autant d’insistance.
Le bonheur n’est pas une cachette.
Il est relation.
Il est reconnaissance.
Il est lien.
Même lorsque je traversais mes propres tempêtes personnelles, je me suis aperçu que ce qui me détruisait n’était pas seulement la douleur. C’était l’impression d’être invisible. D’être réduit au silence. D’être un dossier parmi d’autres.
Le bonheur suppose que ce que je vis puisse exister à la lumière.
Pas pour briller.
Pour être reconnu.
Deux conceptions du bonheur et pourquoi la première ne suffit plus

Charles Pépin rappelle qu’il existe deux grandes visions du bonheur dans l’histoire des idées.
Chez les sages anciens, le bonheur consistait à trouver sa place dans un cosmos clos, ordonné, cohérent. Le monde était perçu comme structuré. Le bonheur était un état durable de plénitude.
Mais le monde moderne a éclaté ce cosmos fermé. Depuis la révolution scientifique et l’idée d’un univers infini en expansion, nous savons que l’ordre n’est plus garanti. Nous vivons dans un monde ouvert, instable, imprévisible.
Dans ce contexte, le bonheur ne peut plus être un état tranquille.
Il devient quête.
Il devient désir.
Rousseau le résume ainsi: "Le malheur n’est pas l’absence de bonheur. Le malheur est l’absence du désir du bonheur".
Cette phrase m’a profondément marqué.
Être malheureux, ce n’est pas souffrir. C’est ne plus croire possible une forme de joie.
Je connais cet endroit.
Je sais ce que cela fait de perdre le désir du bonheur.
Et je sais aussi que le retrouver ne signifie pas que tout va bien. Cela signifie que quelque chose en moi refuse de mourir.
Première réponse : la joie paradoxale

La première réponse de Charles Pépin est surprenante:
La joie.
Mais pas une joie naïve. Pas une joie forcée. Pas une joie artificielle fabriquée à coups de pensée positive.
Il s’appuie notamment sur la pensée de Clément Rosset et sur l’idée d’une joie contrariée, une joie lucide, une joie qui connaît les raisons de ne pas être joyeuse.
La vraie joie n’ignore pas le malheur du monde.
Elle l’intègre.
Elle sait que la vie est fragile, que les blessures existent, que l’injustice est réelle.
Et pourtant, elle surgit.
C’est une joie mélangée.
Une joie traversée.
Une joie plus dense.
Lorsque j’ai traversé l’échec, j’ai découvert cela. La joie retrouvée après une chute n’a pas la même saveur que celle que l’on connaît dans l’innocence. Elle est plus grave. Plus consciente. Plus solide.
Charles Pépin évoque l’exemple d’André Agassi, qui a connu la dépression et la nuit avant de retrouver une victoire qui avait enfin du goût.
L’épreuve ne détruit pas toujours la joie.
Elle peut l’intensifier.
La joie paradoxale est une forme de résistance.
Dans un monde qui va mal, être capable d’aimer la vie quand même devient un acte de force.
Deuxième réponse : l’action même minimale

La joie ne suffit pas !
Le monde est notre maison.
Si nous cessons d’en prendre soin, nous nous détruisons nous-mêmes.
La deuxième réponse de Charles Pépin est claire:
Faire sa part. Même minimale.
Il reprend la métaphore du colibri. Une goutte d’eau à la fois. Cela ne paraît rien. Mais l’inaction détruit davantage que l’échec.
Il explique aussi quelque chose de fondamental. L’être humain a un besoin primaire de prendre soin de quelqu’un ou de quelque chose. Boire, manger, dormir ne suffisent pas. Il faut aussi être entouré. Et plus encore. Il faut pouvoir prendre soin.
Beaucoup de personnes blessées commencent à se rétablir lorsqu’elles trouvent quelqu’un ou quelque chose dont s’occuper.
Prendre soin n’est pas un luxe moral.
C’est une nécessité psychique.
Agir réduit l’angoisse.
La réflexion seule l’amplifie.
Je le constate dans ma propre vie. Quand je reste immobile face à l’injustice ou à la douleur, l’angoisse monte. Quand je pose un acte, même imparfait, quelque chose se détend en moi.
L’action n’est pas la garantie d’un résultat.
Elle est la garantie d’une dignité.
Empêcher que le monde se défasse

Charles Pépin cite Camus: Toutes les générations ont voulu sauver le monde. La nôtre doit peut-être simplement empêcher qu’il se défasse.
Je trouve cette idée profondément apaisante.
Il ne s’agit pas de tout réparer.
Il s’agit de ne pas laisser mourir ce qui peut encore tenir.
Cela peut être écologique.
Cela peut être social.
Cela peut être familial.
Cela peut être intime.
Dans mon propre parcours, empêcher que le monde se défasse a parfois signifié quelque chose de très simple: Continuer à écrire, parler, aimer mes enfants même dans la tempête.
Je ne pouvais pas changer le monde entier.
Je pouvais empêcher que le mien s’écroule totalement.
Vivre heureux n’est pas nier le chaos

Vivre heureux dans un monde qui va mal ne signifie pas être aveugle.
Cela signifie accepter que la joie soit contrariée et continuer à la laisser jaillir.
Cela signifie agir, même à petite échelle, pour prendre soin de ce qui dépend de nous.
La joie lucide et l’action minimale.
Deux réponses simples.
Deux réponses exigeantes.
Deux réponses qui ne suppriment pas la gravité du monde, mais qui empêchent qu’elle nous engloutisse.
Un jour à la foi
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Je suis Johann.
Un père qui a perdu ses enfants pendant des années à cause d'erreurs que j'aurais pu éviter.
Amour toxique, dépendance, blessures familiales, manipulation, séparation forcée avec les enfants.
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Après avoir traversé l'une des périodes les plus sombres de ma vie, j'ai tout perdu.
J'ai entrepris un travail de développement personnel et de compréhension de l'Humain.
J'ai choisi de vivre et de faire une force de ces difficultés.
Aujourd'hui, je témoigne pour aider ceux qui, comme moi, doivent surmonter une rupture dévastatrice et la perte de lien avec leur famille.
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